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Analyse sociale et politique
   Accueil            03.06.2015 - MONSIEUR est décédé

MONSIEUR est décédé

Une pluie d’hommages salue le décès de Jacques Parizeau.  MONSIEUR, prononcé d’une façon sarcastique ou affectueuse aura été un batisseur du Québec moderne.  Ses réalisations permettront au Québec de devenir, un jour ou l’autre un PAYS. 

Il a été un conseiller économique sous le règne de Jean Lesage (liberal) et de Daniel Johnson, père (Union Nationale).  Il a été un ministre des Finances dans le gouvernement de René Lévesque (Parti Québécois); il est celui qui propulsa le Québec à l’avant-scène économique  faisant l’envie des autres provinces du Canada.  Il avait une VISION du Québec  en lui donnant les moyens de parvenir à son indépendance: son héritage est gigantesque.  Les éloges d’aujourd’hui confirment ses grandes compétences.   Plusieurs générations  profiteront des realisations de ce grand mandarin de l’État québécois, de ce ministre hors pair.  Il mérite les hommages du jour. Fait rare, il mérite que l’Assemblée Nationale du Québec ait fait un entorse à son programme parlementaire en annulant sa période des questions et en décrétant que les commissions parlementaires ne siègeront pas pour souligner  la contribution  de Monsieur Parizeau à ce qu’est le Québec  aujourd’hui.  Tous les partis reconnaissent sa contribution au mieux-être de la population du Québec et de la place du Québec sur l’échiquier politique. 

La Caise de dépôt et de placement, la Régie des Rentes du Québec, la nationalisation de l’électricité, le régime d’épargne actions (REA),  l’émergence du Québec Inc, ne sont que quelques unes de ses realisations: il aura été à la source de ce que pourrait faire un Québec indépendant.  Il avait une foi en la compétence des québécois.   

Je n’ai jamais été un chaud  partisan de MONSIEUR surtout  en étant à l’origine du push contre René Lévesque obligeant ce dernier à donner sa démission comme chef du Parti Québécois et Premier ministre du Québec tout comme il aura été un instigateur, par personnes interposées,  de la démission de Pierre-Marc Johnson.  Il a été un batisseur  mais il a été aussi un éteignoir: aurait-il abusé de sa puissance ?

Par contre, la politique étant ce qu’elle est, il a subi le même sort   en se faisant indiquer la sortie par la vague qui amena Lucien Bouchard comme chef du Parti Québécois et Premier ministre.  MONSIEUR  a joué avec le feu, il  s’est brûlé et il a péri par le feu.

MONSIEUR avec ses qualités et ses défauts aura été un visionnaire, un ardent promotteur de la souveraineté du Québec.  Il avait la capacité d’expliquer simplement la démarche pour y parvenir à la population, il était un pédagogue qui inspirait confiance tout en étant craint de ses adversaires.  Il était de la race des batisseurs de pays.

Incapable de se retirer dans ses terres après avoir quitté le Parti Québécois, MONSIEUR  a joué le rôle d’une belle-mère donnant des leçons, égratignant ses sucesseurs.  Dans ce rôle, il aura été détestable. 

MONSIEUR tout en étant de la race des batisseurs s’adjugeait le pouvoir de définir le quoi, le comment, le pourquoi, le où; c’est son côté après moi le déluge.  Mais nous lui devons une partie importante du Québec moderne, nous ne pouvons renier ses réalisations.  Dans ce sens, il a  planifié les bases de ce que sera un Québec indépendant; et il mérite tous les hommages qui lui sont rendus. 

MONSIEUR peut reposer en paix, il a fait le travail.  Les jeunes générations peuvent s’en inspirer.  Monsieur Parizeau  a montré le chemin à suivre. Son heritage est hors du commun.  Saurons- nous faire  faire fructifier son héritage ?  (B.F. – Le 3 juin 2015)