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Analyse sociale et politique
   Accueil            03.05.2014 - Gâchis, un bien faible mot

Gâchis,  un bien faible mot

Le Gouvernement fédéral démentèlera l’Aéroport de Mirabel.  Cette action est l’exemple parfait d’un manque de vision, d’une dilapidation des fonds publics et de la politicaillerie qui gangrènent notre environnement politique.

L’idée de  construire Mirabel, au départ, semblait répondre aux besoins de munir Montréal d’un aéroport de type international. De grands espaces,  une facilité d’accès, une plaque tournante des vols internationaux. Des centaines de millions furent engloutis dans l’opération, sans oublier la saga juridique qui entourait l’acquisition des terrains. 

Dans ce projet, l’aéroport de Dorval devait devenir la plaque tournante des liaisons en direction du Canada, des USA, entre autres.  Pour faciliter le déplacement des voyageurs entre les deux aéroports, un lien rapide (navette) devait être construit: style monorail.  La planification étant de diviser le trafic aérien entre les deux aéroports comme pour Orly et Charles-de-Gaulle à Paris.  Mais après plus ou moins quarante ans, la mise à mort est prononcée par le gouvernement fédéral. L’aéroport de Dorval qui était considéré trop petit à la fin des années 1960, n’est pas plus grand aujourd’hui. Et s’y rendre est de plus en plus bordélique. C’est sans compter les frais de stationnement qui y sont démentiels. 

Il est plus rapide et agréable de se rendre à l’aéroport international de Burlington dans le l’État du Vermont ou à l’aéroport international de Plattsburgh dans l’État de New-York pour y accueillir nos visiteurs que de se farcir l’aéroport Pierre Elliot-Trudeau à Dorval. Les aéroports de Burlington et de Plattsburgh se considérant même des aéroports desservant Montréal.

Si j’ai bonne souvenance, les pilotes et les responsables des conpagnies aériennes classaient Mirabel dans le TOP 10 des aéroports internationaux. Pour les dénigreurs de Mirabel, l’aéroport était trop loin du centre-ville de Montréal: 40 kilomètres.  Rappelons que les aéroports Charles De Gaulle à Paris et Heathrow à Londres sont situés à plus ou moins 30 kilomètres de la périphérie de ces villes qui sont nettement plus populeuses que Montréal. Accéder au centre-ville de Paris et de Londres demande des aptitudes hors du commun.   

Mirabel n’aura été qu’un délire, qu’un fantasme, qu’une idée de grandeur  aux frais des contribuables: la routine quoi. Jean de La Fontaine avait prévu le coup en écrivant: lorsque l’on veut noyer ou tuer son chien, on l’accuse qu’il a la rage. C’est la répétition de l’Histoire, une fois de plus.

L’aéroport de Mirabel doit être porté sur le compte du gouvernement de Pierre Elliot-Trudeau.  Ne voulant pas être en reste, l’actuel gouvernement de notre Canadian Prime minister, s’apprête à nous reservir un scénario semblable avec le projet du Pont Champlain.  Où, quand, comment ?  Avec péage en prime a décrété pompeusement notre ineffable Premier ministre.    L’improvisation se répète, c'est seulement le nom des acteurs qui aura changé.  Se servira-t-on  des débris de l’aéroport pour les remblais du futur pont ?  Le prix de la pierre fluctuant autour de 25$ la tonne métrique: rien ne se perd, rien ne se crée, tout se tranforme a déjà dit Lavoisier.

Ajoutons à ce scénario, l’éventualité que l’aéroport de Bromont ou que l’aéroport de Sherbrooke voit leur mission changée.  Une décision sera rendue un de ces jours. Déjà se rendre à Dorval est un calvaire routier, si nous ajoutons les travaux à l’échangeur Turcot, l’éventuel Pont Champlain et les bouchons traditionnels vers Montréal; un lien rapide vers Burlington ou Plattsburgh devrait être envisagé. Ça serait la première phase du TGV  qui nous menerait éventuellement vers Boston ou New-York.

Si le passé est garant de l’avenir, nous pouvons parodier une affirmation d’Henry Mintzberg :Se peut-il que nos politiciens ne vont guère au-delà du présent. Qu’ils manquent de vision pour apprécier le passé et d'imagination pour voir l'avenir.(B.F. – Le 3 mai 2014)