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Analyse sociale et politique
   Accueil            03.04.2014 - The show must go on

The show must go on

La désillusion des citoyens envers la classe politique ne fait que s’amplifier et  n’est plus à démontrer.  À tous les jours, les citoyens crédules ont des preuves additionnelles des dérives politiciennes.  Ce phénomène est universel.

On ne pouvait sérieusement penser que le chef du Parti libéral du Québec désavoue un de ses candidats qui est parti avec la modique somme de 1,2 million de $ comme prime de séparation versée par La Fédération des médecins spécialistes du Québec (note 1) à nul autre que le Dr Gaétan Barrette, son candidat vedette et potentiellement futur ministre.

Dans la même nébuleuse, faut-il se rappeller que celui qui ambitionne d’être Premier ministre, Philippe Couillard,  alors qu’il était toujours ministre de la Santé et des Services sociaux s’était négocié un poste avec une organisation de la santé qui oeuvrait dans le secteur privé.  Le proverbe ne dit-il pas: là où il ya de la gêne il n’y a pas de plaisir.  Alors, ce bon docteur ne s’était pas gêné.  Au diable le conflit d’intérêts.  C’est sans parler de ses accointances avec le docteur Porter. (Note 2)

L’exemple venait de haut, rappellons-nous que John James Charest a reçu de la part de son parti, le Parti libéral du Québec, une généreuse allocation en sus de son salaire de Premier ministre. Était-il Premier ministre de tous les Québécois ou Premier  Ministre pour les membres du Parti libéral du Québec ? Au diable le conflit d’intérêts.  C’est ce même Premier ministre qui s’est obstiné longuement avant de créer la Commission Charbonneau qui  enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

La désillusion citoyenne reflète un rejet systmatique du personnel politique. Cette désillusion illustre également, pour les citoyens, l’incapacité des politiques de pouvoir changer les choses.  Les citoyens sont arrivés au point de choisir le moins pire: le parti ou les personnes les moins malhonnêtes.  Si le ridicule tuait, nous trouverions des squelettes un peu partout dans le paysage québécois.

C’est ce même bon docteur Couillard qui se vante de laver plus blanc que blanc depuis qu’il est le chef du Parti libéral du Québec tout en promettant de faire les choses autrement : que de vides promesses.

Historiquement, le Québec a connu des périodes d’une grande noirceur (note 3) sous les gouvernements de Maurice Le Noblet Duplessis (note 4)qui succédait au non moins magouilleur Alexandre Taschereau (note 5). Eux aussi parlaient des vraies affaires.

Un généreuse prime pour l’un, une bonne “job“ pour l’autre, une allocation pour le troisième sont les façons de faire de la politique aujourd’hui.  Ces joyeux lurons n’ont rien à envier aux libéraux de Taschereau et aux unionistes de Duplessis. Autres temps, autres mœurs, ce n’est que la façon de faire et le nom des acteurs qui sont différents.  En bout de ligne, ce sont toujours vous, moi et la population qui se faisont arnaquer.

Si nous retournons à la signification généralement retenue du mot POLITIQUE, nous apprenons que c’est l’art et la manière de gouverner.  Et dans une démocratie comme la nôtre, l’action politique est légitimée par le vote des citoyens : vous, moi et tous les autres. 

Mais nous devons reconnaître qu’à travers les siècles ce mot à eu de multiples signification.  Dans la Grèce antique c’était la recherche du régime idéal.  Au Moyen Âge, c’était la recherche d’intérêts particuliers.  Pour Machiavel, c’était d’accroître l’influence et le pouvoir de ceux qui détenaient des intérêts particuliers.  Pierre Bourdieu dira en 1997 que la politique vise avant tout à garder la confiance des nantis tout en perdant la confiance du peuple. Toujours Bourdieu, mais en 2001, dira que l’action politique vise à déposséder les états au profits des marchés financiers.  Pour Coluche, la politique, c'est pas compliqué, il suffit d'avoir une bonne conscience, et pour cela il faut juste avoir une mauvaise mémoire.

Laisssons notre conclusion à Coluche qui affirmait: ça fait beaucoup marrer les gens de voir qu'on peut se moquer de la politique, alors que, dans l'ensemble, c'est surtout la politique qui se moque de nous.  La démonstration nous sera faite une autre fois le 7 avril prochain où nous verrons les nigauds de cette mise en scène politicienne jouer les dindons de la farce.  Nous sommes de  volontaires victimes et boucs émissaires en même temps.  The show must go on disent nous amis anglophones. (B. F. – Le 3 avril 2014)

Note 1 : http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/02/pirme-du-dr-gaetan-barrette-etonnement-chez-des-syndicats-du-secteur-public_n_5078370.html

Note 2 : http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2014/201404/02/01-4753905-porter-donne-son-appui-a-son-ami-philippe-couillard.php

Note 3 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Noirceur

Note 4 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Duplessis

Note 5 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Alexandre_Taschereau

Machiavel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Machiavel

Pierre Bourdieu : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourdieu

Coluche : http://fr.wikipedia.org/wiki/Coluche