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Analyse sociale et politique
   Accueil            02.07.2013 - Un mauvais roman ou ???

Un mauvais roman ou ???

Il y a eu le célèbre professeur Abronsius et son dévoué assistant Alfred qui se sont employés durant des années à chasser des vampires jusqu’en Transylvanie en 1967. Il y a Lucky Luke qui tire plus vite que son ombre et qui est venue dans la Belle Province en 2004.  Il y a eu Bébert qui nous disait que s’il avait su, il ne serait pas venu explorer Paris en 1963. Roman Polanski, Achdé, Laurent Gerra, Yves Robert ont connu du succès avec leurs œuvres.

Depuis 2006, il y a Stephen, Christian, Steven et quelques autres figurants de la même troupe jouant aux apprentis sorciers sur une quelconque colline.  Contrairement aux auteurs précédents, nous devons reconnaître que le succès n’est pas au rendez-vous, il n’y a pas de chefs-d’œuvre.  Les derniers sondages, en présumant qu’ils sont dignes de confiance, laissent plutôt sous-entendre que leur petite promenade dans le merveilleux monde de la politique tire  à sa fin. Le mieux que nous pourrons dire, c’est qu’ils auront laissé des marques de leur passage sur la scène fédérale.  Faire la liste de leurs dérapages, de leurs controverses et de leurs manœuvres n’est plus nécessaire, ça déjà été fait.  D’un reniement, à un lock-out en passant par des nominations partisanes, ces gouvernements conservateurs qui voulaient faire autrement, qui nous promettaient rigueur, transparence et probité auront cultivé la désillusion, la méfiance envers l’engagement politique tout en faisant perdre de grands pans de murs à la crédibilité canadienne sur le plan international. Ils peuvent toujours nous susurrer que la santé économique du Canada a résisté aux crises mondiales, c’est un fait,  mais se pourrait-il que cette relative réussite soit dû à l’héritage laissé par les gouvernements Chrétien et Martin ?

Leurs successeurs auront un travail de reconstruction titanesque à faire.  Ce ne sont pas seulement les infrastructures sanitaires et routières qu’il faudrait remettre à jour, c’est toute la vie politique qu’il faudra revivifier. 

Notre ineffable “Canadian Prime Minister“ semble s’inspirer de Louis XV, dit “le Bien-Aimé“ qui a déclaré un jour après moi le déluge. Il se veut l’adepte du “here and now“ et  semble incapable de voir les résultats à plus long terme.  Il fantasme sur la loi et l’ordre.  Les changements climatiques sont pour lui de la science-fiction.  George W. est SON modèle.  Laura Secord est une héroïne de la SA guerre de 1812 qui façonna SON Canada d’aujourd’hui.  Et Benjamin Moore  est possiblement un grand artiste peintre  de SON Canada.

C’est Aristote qui a dit que La nature a horreur du vide.  Mais à voir aller nos sociétés, nous pourrions nous demander si la nature a vraiment horreur du vide ?  À voir le vide politique, ici et ailleurs, nous serions plus portés à affirmer que les populations ont une tendance masochiste à voter pour ses bourreaux. 

Des populations ont fait des révolutions.  Des têtes couronnées ont été guillotinées.  Des dictatures sont renversées.  En lieu et place, nous avons installé des guignols, des charlatans et des politicailleurs.  Sommes-nous mieux que les Papous de la dernière glaciation?  Loin de moi, de vouloir ridiculiser ce peuple.

Bien  incrusté dans nos sociétés de consommation, nous sommes en attente d’un nouveau messie.  Entre temps, nous dérivons tout doucement vers la prédiction d’Orwell : vers un régime policier et totalitaire, une société en surveillance, ainsi que de la réduction des libertés.  “Big Brother“ nous écoute, nous espionne, on nous dit quoi penser, quoi faire.  “Big Brother“ veut notre bien.  Du pain et des jeux disait notre vieux Jules.  Nous évoluons et nous le croyons.

C’est vrai que nous sommes mieux qu’en Syrie, qu’au Bengladesh ou au Sahel : c’est la faute à Jacques Cartier. Il est arrivé à Gaspé, mais il voulait aller en Chine pour ramener de la soie et des épices à son Roi.  Le GPS n’était pas encore inventé… une chance pour NOUS ?  Mais pour notre ineffable “Canadian Prime  Minister“, c’est un manque de GBS (note 1).  À chacun sa peine, nous allons faire avec jusqu’en octobre 2015. Il y a pire ailleurs. Vivement Thomas ou Justin, nous verrons après.  (B.F. – Le 2 juillet 2013)

Note 1 : Gros bon sens, périphrase et son abréviation plaisante.