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Analyse sociale et politique
   Accueil            01.04.2015 - Une autre augmentation en vue

Une autre augmentation en vue

Lorsque le gouvernement Couillard se donne le mandat de revoir un quelconque dossier, cette manœuvre est l’annonce automatiquement d’une augmentation des tarifs ou d’une nouvelle taxe pour les contribuables québécois.  C’est la façon classique pour ce gouvernement de fonctionner : ce n’est jamais un bon signe pour  les cochons de payeur que nous sommes. 

Lorsque le nouveau ministre de l’Éducation nous annonce que le système des taxes scolaires sera revu, nous devrions nous préparer mentalement à une augmentation éventuelle sur notre prochain compte de taxes provenant de notre commission scolaire. Il s’agit tout simplement de refiler une compression aux payeurs de taxes que nous sommes.  Même si le ministre affirme, sans rire : Je ne pense pas qu'il y ait aucune hausse de taxes scolaires due aux compressions du gouvernement et patati et patata.

Pourquoi se gêner ?  À beau mentir qui vient de loin nous dit l’expression datant du 17e siècle. C’est qu’il a appris vite ce nouveau ministre.  Ce n’est pas qu’il soit menteur, mais il camoufle  bien la réalité.

Depuis son élection  en avril 2014, le gouvernement Couillard s’est fait un malin plaisir et un devoir à arnaquer les payeurs de taxes.  Nous pourrions parodier Bébert dans le film La guerre des boutons ; les Québécois se diraient aujourd’hui Avoir su, j’aurais pas voté pour ça.  Il est trop tard pour les regrets,  nous ne sommes pas sortis de l’auberge ; ce gouvernement est majoritaire et au pouvoir jusqu’en 2018, encore trois ans.  Ce n’est que le début de la fin des haricots.  Mais il y a pire ailleurs : pensons à la Grèce, entre autres.  Les Québécois sont cernés des deux cotés : Harper à Ottawa, Couillard à Québec.  Le premier veut notre bien et le deuxième ne se gêne pas pour venir le chercher dans nos poches.

Il faut donc prévoir un automne chaud.  En plus des étudiants qui  manifestent déjà à tous les jours ou à toutes les nuits, les membres de la fonction publique du Québec se préparent à la lutte pour le renouvellement de leur convention collective.  L’écart entre les demandes syndicales et les offres gouvernementales  nous fait apparaître le Grand Canyon comme un simple nid-de-poule.  Ça ne sera pas le bon moment de recevoir de la visite et il faudra éviter de faire du tourisme dans les villes du Québec.  La Place Émilie-Gamelin à Montréal et le devant du Parlement à Québec seront très achalandés. Le gouvernement Couillard donne toutes les raisons à  la population  pour descendre dans la rue.  Des étudiants aux “p’tits vieux“ en passant par les médecins, jamais aurons-nous vu une telle unanimité populaire et intergénérationnelle.  De 7 à 77 ans, disait le Journal Tintin dans le temps.

Michelle Courchesne, ancienne ministre libérale de l’Éducation et du Conseil de Trésor dans le gouvernement de John James Charest ne se reconnaît pas (notes 1) dans le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Pour Madame Courchesne, le gouvernement va devoir changer de ton  et  se faire rassembleur  s'il veut venir à bout des grandes  réformes qu'il veut faire. Le style autoritaire n'a plus sa place que ce soit au public ou au privé.

Le style “pittbull“ donne de bonnes manchettes aux différents médias, il peut  plaire, pour une période,  à une population désabusée, mais le mur n’est jamais très loin.  À force de jouer avec des allumettes, on finit par mettre le feu dans la cabane.  Cette vérité n’est pas d’hier, pourtant ce ne sont pas des enfants qui jouent avec les allumettes, ce sont des adultes majeurs, vaccinés et ministres. Mais force est de constater que ces ministres ne semblent pas très bien saisir ce qu’est le “realpolitik“ basée sur une prise de décision en connaissant le maximum de données, en sauvegardant le maximum d'options et utilisé dans un sens de recherche de l'intérêt national au-delà des clivages idéologiques.  C’est une stratégie politique qui s’appuie sur le possible tout en faisant passer au second plan les considérations de doctrine, de principe ou de morale. Cette stratégie  peut prendre une connotation négative lorsqu'on recherche uniquement une solution à court terme.

Machiavel, le Cardinal de Richelieu furent des maîtres de “realpolitik“. Plus près de nous,  Henry Kissinger, avec la Chine de Mao Tse Toung est aussi un bon exemple. Qui à l’époque aurait parié que les États-Unis de Richard Nixon et la Chine de Mao établiraient des relations diplomatiques ?

Humblement, nous devons constater qu’il n’y a pas de tels personnages dans le gouvernement Couillard. Nous sommes plus dans la version des têtes à claques que dans la version des lendemains qui chantent. Alors, endurons notre mal, payons et souhaitons-nous un meilleur casting la prochaine fois. Ça ne pourra être pire !  (B.F. – Le 01.04.2015)

Notes 1

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2015/03/12/002-gouvernement-courchesne-critique.shtml

http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/13/michelle-courchesne-ne-se-reconnait-pas-dans-le-gouvernement-liberal_n_6862286.html