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Analyse sociale et politique
   Accueil            01.03.2013 - Ce n'est pas diplomatique...

Ce n’est pas diplomatique…

On reproche régulièrement aux représentants de la classe politique, ici et d’ailleurs, d’être soporifique, de ne pas répondre aux questions ou de s’en tenir à des banalités.  Ces mêmes représentants peuvent dire, sans rire, la vérité et son contraire dans la même phrase.

Nos amis Italiens ont créé  la Commedia dell'arte.  Les premières troupes de comédie sont apparues en 1528.  Depuis près de 500 ans, ils amusent le public et se donnent en spectacle.  Dans les derniers jours, la population de l’Italie était appelée une fois de plus à élire son gouvernement.  Les 23 et 24 février derniers, les Italiens ont poursuivi ce qu’ils ont mis au monde au 16e siècle. Encore une fois et une fois de plus, ils ont été incapables de se doter d’un gouvernement digne de ce nom.  Rappelons que l’Italie est l’un des pays les plus endettés de la planète : la dette publique italienne représente  plus ou moins 125% de leur produit intérieur brut (PIB).  En quelques mots, le produit intérieur brut est un indicateur économique qui définit la valeur totale de la richesse d’un pays.  À titre de comparaison, la dette publique canadienne représente plus ou moins 85% de son produit intérieur brut.  En Suède et en Norvège, c’est autour de 35%. 

Donc l’Italie comme la Grèce  et l’Espagne pour ne nommer que ceux-là sont mal fichus.  Ils se promènent dangereusement sur le bord du précipice, c’est le moins que nous puissions dire.  Et qu’on fait nos adeptes de la Commedia dell'arte pour se sortir de cette impasse?  Près de 55% de la population a confié leur destinée à deux clowns. Le parti politique de Beppe Grillo, clown professionnel de formation, a recueilli plus de 25% des suffrages  et le groupe de Silvio Berlusconi a raflé près de 30% des électeurs. .  Ce qui fait dire à tous les analystes que l’Italie est encore une fois ingouvernable.  La dolce vita italienne demeurera un très grand film sans plus, dans leur quotidien, ils ne sont pas sortis de l’auberge.

Toutes les personnes qui se sont intéressées à cette élection s’entendent pour dire que les deux principaux gagnants sont deux clowns : il n’y a rien de bien  malin à cette affirmation.  Grillo est un clown dans sa vie professionnelle et Berlusconi traîne des casseroles et des squelettes indénombrables. Il serait même le principal responsable de la présente situation.

Mais si vous êtes un politicien allemand bien en vue, traiter ces deux lascars italiens de clowns, ce n’est pas diplomatique ; ça provoque même un incident diplomatique qui fait les délices de la presse européenne.  Mais la courte intervention de cet Allemand décrit très bien la situation politique de l’Italie.  Un politique ne peut se permettre une telle affirmation, c’est politiquement incorrect,  même si tous  les commentateurs le pensent, le disent, l’écrivent.  Le politique doit se taire et continuer à payer.

Régulièrement, nous décrions les multiples dérapages de notre Premier canadien  et les valses hésitation de la Première ministre du Québec.  Mais une bonté divine nous épargne les tristes spectacles offerts par nos amis Italiens.  La proximité d’un Barack Obama influence notre PM canadien et Madame Marois doit cohabiter dans un parlement de toutes les couleurs. 

Mais la langue de bois est un blabla de paroles inutiles, demeure malheureusement un outil trop souvent employé par la plupart des politiciens : elle permet de dissimuler l’incompétence.  Nos grands-pères disaient qu’un chat est un chat.  Alors affirmer que l’Italie est dirigée par un clown est une réalité.  Il n’y a pas de matière à créer un incident diplomatique.  Rappelons-nous que La Dolce vita était un film.   Mais Grillo et Berlusconi sont bien réels.  (B.F. - Le 1er mars 2013/La Voix de l'Est - Le 6 mars 2013)